Tatie et la peur de la tuberculose

maladeAlors que le pape Léon XIII se meurt lentement au Vatican, après une longue vie bien remplie, la tuberculose emporte la maman de « Tatie », Louise Richard. Elle s’est éteinte à Camiran le lundi 13 juillet, à tout juste 30 ans et laisse derrière elle une petite fille de 4 ans et son jeune mari de 27 ans. Quatre ans plus tard, la tuberculose emporte son frère Pierre. Il a tout juste 31 ans.

Notre « Tatie » n’a jamais voulu avoir d’enfant car elle se pensait malade et elle avait peur de leur transmettre la tuberculose. Le fait est que le microbe est latent et se déclenche en situation favorable (faiblesse immunitaire etc).
Je me suis donc demandé si sa crainte était fondée?

On a perdu beaucoup de temps à tergiverser sur le fait de savoir si la tuberculose était contagieuse ou héréditaire. Petit à petit, on a compris en premier le lien entre les diverses formes de la maladie (pulmionaire, ganglionaire, rénale, osseuse). La pulmonaire est celle considérée comme contagieuse, elle se transmet par voie aérienne, lorsque le malade tousse par exemple. C’est vers 1867 que Jean-Antoine Villemin, un médecin militaire français, arrive à prouver que la tuberculeuse est due à un microbe invisible et qui peut se transmettre. Il en déduit donc qu’il est possible de se protéger de ce fléau en adoptant des mesures d’hygiène.

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Plaque apposée devant sa maison à Paris

La tuberculose est aussi vieille que l’humanité. Elle a même été retrouvée sur des momies égyptiennes. Elle a eu d’autres noms au fil du temps, comme la Peste blanche par exemple. Au XVIIIème siècle, elle était apparemment responsable pour 1/4 des décès en Europe (d’autres sources citent 1 décès sur 7, quoi qu’il en soit, une majorité). Dans chaque famille, on trouvait en général au moins un tuberculeux. Au XIXème siècle, elle devient une épidémie. En 1882, Koch découvre la bactérie responsable, le Micobacterium Tuberculosum, autrement dénommé le Bacille de Koch. Fléau_de_la_tuberculose.jpg

En 1903, l’année où Louise est emportée par la tuberculose, l’Oeuvre Grancher, qui préconise d’envoyer les enfants des villes vers les campagnes pour les préserver de la maladie (qui semble s’incruster dans les milieux pauvres des villes), est soutenue par le gouvernement et s’étend aux régions de France. Pendant la guerre, voyant la maladie se propager sur le front, on déclenche des campagnes pour encourager une meilleure hygiène.

Avec la découverte du vaccin, le BCG (Bacille de Calmette et Guerin – tuberculose de la vache, atténuée) on parvient à protéger les jeunes enfants des formes graves de tuberculose. Le premier nouveau-né est vacciné en 1921 et la vaccination se généralise en 19245. Aujourd’hui, le vaccin n’est plus obligatoire en Europe sauf en France) où les enfants doivent être vaccinés pour entrer en collectivité. Il semblerait que la maladie ait régressé en Europe bien avant l’introduction du vaccin, en raison de l’amélioration de la nutrition et de l’hygiène.

Alors Tatie avait-elle raison de ne pas avoir d’enfant par peur de leur donner la maladie. En un sens oui, il y avait une possibilité qu’elle transporte la bactérie, latente dans son organisme et qu’elle le transmette à son enfant. Mais heureusement, avec la découverte des antibiotiques, on aurait pu guérir son enfant et elle aurait pu avoir un petit être à elle, à chérir.

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