Le trésor de Cherves – Histoire passion

En 1896, un journalier qui défrichait un champ a trouvé ce qui est devenu le trésor lithurgique de Cherves en Angoumois. Aucun des textes ne cite le nom de ce brave homme, qui est pourtant « l’inventeur » du trésor. Il aurait pu garder cela pour lui, ramener le trésor chez lui, dire qu’il l’avait trouvé dans sa cave. Mais il ne l’a pas fait. Il a été honnête et pour cela, on ne connait pas son nom. Les articles citent le propriétaire des lieux, un noble, M. de Roffignac, propriétaire du château, mais le brave journalier est un inconnu de l’histoire.

En ton honneur, brave homme honnête, voici l’histoire du trésor que tu as découvert et qui réjouit les générations d’amoureux de l’histoire depuis plus d’un siècle.

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Tabernacle de Cherves, exposé au Metropolitan Museum à New York

Pierre, levé de bon matin, en ce mois de décembre 1896, secoue les épaules en passant le pas de la porte. Enfin, la tempête magistrale de ces derniers jours s’est calmée. En trois jours, bien des dégats ont été fait par les vents dévastateurs. Pierre regarde les ceps de vigne arrachés qui jonchent le chemin, et remonte le col de sa veste. Ce vendredi, il fait froid, mais il ne gèle pas, c’est déjà une bonne chose. Il va continuer de travailler au défrichage au Château-Chesnel, à Plumejeau. Ils payent bien, sa journée va lui rapporter 1 franc 50, si il travaille bien. Le Chateau appartient depuis 1885 à la famille du Comte de Roffignac. Quoi qu’il en soit, Pierre ne rencontrera ni le comte ni sa famille lors de sa dure journée de labeur, à nettoyer les champs après le passage de cette maudite tempête.

Screenshot 2019-10-07 at 21.26.24.pngIl se met au travail sur un terrain en pente, après un petit coup de rouge sur place, histoire de se mettre du baume au coeur. Il rentrera manger la soupe vers les 12 coups de midi, mais d’ici là, il va creuser et ratisser, ça va le réchauffer. Il fera bruler les ceps de vigne arrachés, si ils veulent bien prendre. Tout à coup, sa pioche touche une pièce de métal. Il cherche à la contourner pour s’en débarrasser. Il passe vite sa main caleuse dessus et en balaye lentement les extrémités. On dirait un bout de métal rouillé, mais ou plutôt recouvert de vert de gris. Pierre tire le bout de sa manche et frotte l’object avec détermination, et tout à coup, il voit clairement de quoi il s’agit pour en avoir vu à l’église. C’est un bout de metal doré, de l’or! Il travaille un bon moment pour le sortir du sol durci par le froid.
Au cours des heures qui suivent, il continue de creuser, non plus intéressé par le gain de 1 franc 50, mais envahi par la passion de découvrir ce que la terre lui révèle. Enterrés à une trentaine de centimètres de profondeur, dans une cache, 11 pièces sont découvertes, entre autres, une couronne, des lampes, des bouts de verre, et un triptique. Certainement emterrées après la Bataille de Jarnac, elles attendaient notre brave Pierre depuis 1569.

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Pierre pose délicatement ses 11 trouvailles sur la terre gelée et s’empresse de courir avertir le maitre du château. Il saurait certainement quoi faire. Pierre ne veut pas être accusé de vol, sa femme est enceinte de leur troisième enfant et il a toujours travaillé dur et gagné son pain à la sueur de son front. Il se doute bien que ces objets ont de la valeur, mais combien, il ne peut l’imaginer. En son for intérieur, il espère quand même une petite récompense, mais il ne demadera rien.
Le majordome ramasse un sac de lin et le suit. Il observe chaque pièce méticuleusement et fourre le tout dans le sac avant de s’éloigner précipitament.

 – « Remets-toi au travail, Pierre, ce champ ne va pas se nettoyer tout seul! »

Quelques jours plus tard, M. de Roffignac fait appel à Pierre et une bonne dizaine d’autres journaliers pour creuser la terre à la recherche d’autres trésors. Mais en fin de journée, on n’a rien trouvé sauf quelques bouts de verre.

Merci Pierre, du fond du coeur, pour cette découverte qui a mis la ville de Cherves sur la carte pour beaucoup d’amoureux de l’histoire.

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Aujourd’hui, il ne reste plus que 4 pièces, deux sont au musée de Cluny, une au Louvre et le tabernacle au Metropolitan Museum de New York. L’archange (8cm) a disparu de la pièce centrale, mais on voit bien sur la pièce exposée à New York (photo ci-dessus), l’emplacement où l’ange se trouvait auparavant. Il n’a pas été possible de retrouver des photos de l’époque pouvant identiofier le moment où l’ange a disparu. Il s’est envolé en quelque sorte, ce qui semble assez légitime.

 

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