La réalité de Françoise Ader

Bertrand Ader (1834-1885), chiffonier et Marie Adoué (1840-1925), domestique, sont les parents de mon arrière grand-mère, Françoise Ader. Ils sont tous deux originaires de la Haute-Garonne, et nous sommes bien en peine de savoir comment ils se sont retrouvés dans la région de la Réole. La famille de Bertrand est d’Aurignac et celle de Marie de Saint-Gaudens.

Ils ont deux filles: Françoise, née le 3 octobre 1868 à Ruch, et Marie née en 1872 à Loubens. Elles sont toutes deux couturières, tailleuses de robes et sont assez proches l’une de l’autre (nous déduisons cela du fait que la fille de Marie s’appellera Françoise).

FrancoiseADEREn 1893, le 4 mai, Françoise épouse un charpentier de Morizès, Pierre Couillard (1868-1896) et emménage avec lui (recencement de Labarthe, Morizès, de 1896). Les parents de Pierre habitent aussi dans le même lieu-dit mais dans une autre maison. Peu après le recensement de 1896, Pierre meurt prématurément le 6 septembre 1896.

Françoise est veuve à 28 ans.

Un mois plus tard, le 14 octobre 1896, sa jeune soeur Marie, enceinte de 4 mois, épouse un sabotier de Saint-Laurent-du-Bois, André Ithier (1873-?) et elle habitera avec lui au bourg de Saint-Laurent. Sur le recensement de 1901, Marie et son mari habite le bourg de Saint-Laurent avec leur fille, Françoise (née le 10 mars 1897) et la mère d’André. Françoise habite seule, à Labarthe Camiran, et exerce toujours la profession de couturière à son compte (elle est notée « patronne »).

En 1904, veuve depuis 8 ans, elle épouse Jean Valette, mon arrière grand-père, veuf depuis tout juste 6 mois et père d’une petite fille. Ce mariage va enflammer les poudres et refroidir les relations de Jean avec sa belle-famille (les Richard).

Quant à sa maman, Marie Adoué, âgée de 71 ans, elle est toujours domestique, ouvrière agricole à Saint-Laurent-du-Bois, et au moins entre 1891 et 1911 (les recensements), elle sera employée de Mr. Hameau (qui sera aussi témoin au mariage de ses deux filles en 1893 et 1896). Marie, la soeur de Françoise, habitera aussi au bourg avec son mari et sa fille (Françoise, ou encore Geneviève). En 1921, Françoise Geneviève a quitté le domicile de ses parents (mariage?). Mr. Hameau n’est plus recensé à Saint-Laurent, ce qui a peut-être décidé Marie à prendre sa retraite et se retirer chez Françoise à Camiran, où elle apparait sur le recensement à cette époque.
En 1926, Marie (la soeur de Françoise) et son époux André Ithier sont notés toujours à Saint-Laurent, mais avec une fille, France, née en 1922. Ceci est quand même bizarre, car cela voudrait dire que Marie a accouché de France à 50 ans. Il me semble qu’il serait plus logique que France soit en fait sa petite fille (une fille de Françoise). Je ne peux pas vérifier cela car les archives de cette époque ne sont pas en ligne. À suivre donc.

Françoise n’était pas une mère expressive, ni une belle mère aimante, ni encore une grand-mère affectueuse. Elle s’est éteinte dans sa chambre, à Labarthe, en 1943.
On imagine volontiers que c’est elle, sur la photo, derrière mon grand-père, car il semblerait que la petite grand-mère qui n’est pas loin, soit Marie Adoué, sa maman, et à côté d’elle, Jean, son mari. C’est un grossissement de la carte postale que l’on a publiée ici.

Screenshot 2019-10-07 at 19.44.48